La gestion des risques financiers regroupe l’ensemble des pratiques visant à identifier, analyser, évaluer, traiter et surveiller les situations susceptibles d’affecter les résultats, la trésorerie, la liquidité ou la capacité d’une organisation à honorer ses engagements.
Toute entreprise est exposée à des risques financiers, qui peuvent notamment découler des facteurs suivants :
- Impayés des clients ;
- Fluctuations des taux de change ;
- Variations des taux d’intérêt ;
- Problèmes de liquidité ;
- Défaillances opérationnelles ;
- Fraudes ;
- Évolutions de l’environnement réglementaire.
Gérer ces risques ne signifie donc pas chercher à éliminer toute incertitude. L’objectif est plutôt de comprendre l’exposition de l’organisation, de définir des critères de prise de décision et de maintenir les risques à des niveaux jugés acceptables.
Il convient également de souligner que cette démarche doit dépasser le seul cadre du service financier. Un problème opérationnel, une défaillance d’un fournisseur ou une non-conformité, par exemple, peuvent avoir des conséquences financières, même si leur origine n’est pas directement liée aux finances de l’entreprise.
Poursuivez votre lecture pour découvrir ce qu’est la gestion des risques financiers, les principaux types de risques, comment structurer cette démarche, quels indicateurs suivre et comment intégrer les risques, les contrôles, la gouvernance et la technologie aux activités de votre entreprise.
Qu’est-ce que la gestion des risques financiers ?
La gestion des risques financiers est le processus qui consiste à identifier les risques et à maîtriser les incertitudes susceptibles d’avoir des répercussions financières sur une organisation. Concrètement, elle implique de connaître les risques auxquels l’entreprise est exposée, d’évaluer leur probabilité et leur impact, de définir des réponses adaptées et de vérifier en permanence l’efficacité des contrôles et des mesures de traitement mis en place.
La norme ISO 31000 présente la gestion des risques comme une démarche qui comprend l’identification, l’analyse, l’évaluation, le traitement, la surveillance et la communication des risques, tout en intégrant ces activités à la gouvernance, à la stratégie, à la planification et aux processus organisationnels. Cette norme peut être appliquée par des organisations de toutes tailles et de tous secteurs.
Il est important de distinguer trois concepts :
| Concept | Définition |
| Risque financier | Possibilité qu’un événement ou une situation affecte négativement la situation financière d’une organisation. |
| Gestion d’un risque financier | Processus permettant de comprendre et de maîtriser une exposition particulière ou un ensemble de risques financiers. |
| Gestion des risques financiers | Démarche structurée visant à identifier, évaluer, traiter et surveiller différentes catégories de risques financiers. |
Quel est l’objectif de la gestion des risques financiers ?
L’objectif principal n’est pas d’éliminer les risques, car cela est irréalisable dans un environnement économique soumis à des incertitudes. Il s’agit plutôt de renforcer la capacité de l’organisation à comprendre son exposition et à agir avant que des événements défavorables n’entraînent des conséquences importantes.
Parmi les objectifs de la gestion des risques figurent :
- Protéger les flux de trésorerie et la liquidité ;
- Réduire les pertes financières ;
- Améliorer la prévisibilité des résultats ;
- Maîtriser les expositions significatives ;
- Éclairer les décisions d’investissement et de financement ;
- Préserver les ressources et les actifs ;
- Renforcer les contrôles internes ;
- Améliorer la capacité de réaction face aux événements défavorables.
Pour atteindre ces objectifs, il est recommandé d’adopter une approche intégrée de la gestion des risques. Les informations produites dans le cadre de ce processus contribuent à la prise de décision aux différents niveaux de l’organisation.
La gestion financière et la gestion des risques financiers sont-elles identiques ?
Non. La gestion financière consiste à administrer les ressources et les activités financières de l’organisation, notamment la planification, la budgétisation, les flux de trésorerie, les investissements et les obligations financières.
La gestion des risques financiers, quant à elle, se concentre sur les incertitudes susceptibles d’affecter ces ressources et ces résultats.
Autrement dit, la gestion financière répond à la question « Comment devons-nous gérer nos ressources ? », tandis que la gestion des risques financiers en soulève une autre : « Qu’est-ce qui pourrait empêcher nos prévisions financières de se réaliser comme prévu ? ».
Cette distinction est importante, car une entreprise peut afficher de bons résultats financiers sur une période donnée tout en accumulant des expositions significatives.
Pourquoi la gestion des risques financiers est-elle importante ?
Un risque financier reste rarement limité au bilan ou au service financier. Selon sa nature et son ampleur, ses conséquences peuvent s’étendre aux opérations, aux investissements, à la gestion des fournisseurs, aux relations clients et aux décisions stratégiques.
Un niveau élevé d’impayés, par exemple, peut exercer une pression sur la trésorerie. Une fluctuation des taux de change peut modifier les coûts et les marges. Une hausse du coût de la dette peut remettre en question les prévisions financières. Une défaillance opérationnelle peut entraîner des dépenses imprévues ou interrompre la génération de revenus.
La gestion des risques financiers permet de transformer ces éventualités en informations exploitables pour l’analyse et la mise en œuvre de mesures adaptées. Ce mécanisme peut être représenté de la manière suivante :
Risque non identifié → Exposition non quantifiée → Réponse inadaptée → Impact financier → Impact opérationnel ou stratégique
À l’inverse :
Risque identifié → Évaluation de l’exposition → Traitement → Contrôle → Surveillance → Décision
Que se passe-t-il lorsque les risques financiers ne sont pas gérés ?
Lorsque des risques significatifs ne sont pas correctement identifiés ou surveillés, l’organisation peut être confrontée aux conséquences suivantes :
- Pression sur la trésorerie : des retards de paiement ou une augmentation imprévue des dépenses peuvent compromettre les ressources disponibles.
- Baisse de rentabilité : les variations des coûts, des taux d’intérêt, des taux de change ou des prix peuvent réduire les marges.
- Difficultés de planification : plus les expositions méconnues sont importantes, plus il devient difficile de prévoir les résultats et d’élaborer des scénarios.
- Vulnérabilité accrue : l’organisation peut rester exposée à des événements dont la probabilité ou l’impact n’ont pas été évalués.
- Décisions tardives : en l’absence d’informations structurées, les mesures sont généralement prises après que l’événement a déjà produit ses conséquences.
La question essentielle n’est donc pas seulement de connaître le montant des pertes subies par l’entreprise, mais aussi de comprendre quelles expositions pourraient entraîner des pertes et comment elles sont gérées.
Quels sont les différents types de risques financiers ?
Il n’existe pas de classification universelle unique que toutes les organisations seraient tenues d’appliquer. Les catégories varient selon le secteur, le modèle économique, les actifs et passifs concernés ainsi que la méthodologie utilisée.
Dans le secteur bancaire, par exemple, la gestion des risques financiers peut couvrir les risques de marché, de crédit et de liquidité, tandis que les risques stratégiques et opérationnels peuvent être classés parmi les risques non financiers.
Dans les entreprises, d’autres catégories peuvent toutefois faire l’objet d’un suivi lorsqu’elles sont susceptibles d’avoir des conséquences financières. Les principales sont les suivantes.
Risque de crédit
Le risque de crédit correspond à la possibilité qu’une contrepartie ne respecte pas ses obligations financières. Pour une entreprise, il peut notamment apparaître dans le cadre de ventes à crédit, de prêts, d’investissements ou de relations avec d’autres contreparties.
Une augmentation des impayés, par exemple, peut perturber les encaissements et nécessiter des ressources supplémentaires pour maintenir les activités.
Risque de liquidité
Le risque de liquidité survient lorsqu’une organisation ne dispose pas des ressources nécessaires ou ne parvient pas à convertir ses actifs en liquidités dans des conditions satisfaisantes pour honorer ses obligations.
Ainsi, une entreprise peut posséder des actifs et afficher des résultats positifs tout en rencontrant des difficultés pour respecter ses échéances. Dans certains contextes, la gestion du risque de liquidité concerne à la fois la capacité à honorer les engagements financiers et la possibilité de négocier des actifs sans supporter de coûts importants.
Risque de marché
Le risque de marché résulte de l’exposition aux évolutions des conditions de marché susceptibles d’affecter la valeur des actifs, des passifs, des revenus ou des coûts. Ses effets dépendent de l’activité de l’entreprise. Une organisation exposée à certains actifs, aux prix des matières premières ou à des taux variables peut subir des conséquences différentes de celles d’une entreprise dont la structure financière est plus stable.
Risque de change
Les entreprises qui importent, exportent ou détiennent des contrats, des revenus, des coûts ou des obligations libellés en devises étrangères peuvent être exposées au risque de change. Une variation du taux de change peut modifier la valeur en réaux brésiliens d’une obligation future ou faire évoluer le coût d’acquisition d’un produit ou d’une matière première.
Risque de taux d’intérêt
Les variations des taux d’intérêt peuvent affecter les entreprises ayant contracté des financements ou des emprunts, réalisé des placements ou conclu d’autres opérations sensibles au coût de l’argent. Leurs effets peuvent se répercuter sur le coût de la dette, les charges financières, les investissements et les prévisions de trésorerie.
Risque opérationnel ayant des conséquences financières
Tous les risques entraînant des pertes financières ne trouvent pas leur origine dans le service financier. Une panne informatique, une erreur humaine, une interruption de processus, un problème avec un fournisseur ou une défaillance des contrôles peuvent générer des dépenses et des pertes de revenus.
Ce lien est essentiel à une gestion intégrée : un risque opérationnel peut devenir un risque financier lorsque ses conséquences affectent la trésorerie, les coûts ou les résultats de l’organisation.
Risque fiscal
Les évolutions réglementaires, les erreurs de calcul, le non-respect des obligations ou les interprétations incorrectes peuvent entraîner une exposition financière.
Les risques fiscaux doivent donc également être intégrés aux dispositifs de contrôle interne, de conformité et de surveillance de l’organisation.
Comment mettre en place une gestion des risques financiers ?
Une gestion efficace des risques financiers doit être structurée comme un processus continu, et non comme une activité ponctuelle réalisée uniquement lorsqu’un problème survient.
La norme ISO 31000 inscrit elle-même la gestion des risques dans une démarche intégrée à l’organisation et prévoit des critères permettant de surveiller, de réexaminer et d’améliorer continuellement les pratiques de gestion.
1. Définir le contexte et l’appétence au risque
Avant d’identifier les risques, il est nécessaire de comprendre le contexte de l’organisation. Cela comprend ses objectifs stratégiques, ses opérations, son exposition financière, son environnement externe, ses processus critiques et les exigences applicables.
Il est également important de définir l’appétence au risque, c’est-à-dire le niveau et les types de risques que l’organisation est prête à accepter pour atteindre ses objectifs. La définition de seuils de tolérance permet de traduire cette orientation en limites plus précises pour certaines expositions.
2. Identifier les risques financiers
L’étape suivante consiste à identifier les événements susceptibles de compromettre l’atteinte des objectifs financiers.
Les sources potentielles comprennent :
- Les contrats ;
- Les clients ;
- Les fournisseurs ;
- Les opérations internationales ;
- Les processus financiers ;
- Les investissements ;
- Les dettes ;
- Les systèmes informatiques ;
- Les obligations fiscales ;
- Les évolutions de l’environnement externe ;
- Les processus opérationnels.
L’objectif n’est pas de dresser une liste interminable de possibilités, mais de construire une vision cohérente des expositions significatives pour l’organisation.
3. Analyser et évaluer les risques
Une fois les risques identifiés, il convient de comprendre leurs causes, leurs conséquences et leurs caractéristiques. Cette évaluation peut combiner des informations qualitatives et quantitatives.
Une analyse qualitative peut classer les risques selon des niveaux tels que faible, moyen ou élevé. Une évaluation quantitative peut s’appuyer sur des données, des probabilités, des montants financiers ou des scénarios.
Le choix de la méthode doit tenir compte de la nature du risque, de la disponibilité et de la fiabilité des données ainsi que du niveau de précision nécessaire à la prise de décision.
La norme IEC 31010 fournit des recommandations sur le choix et l’application des techniques d’évaluation des risques dans différentes situations, en complément du cadre général défini par la norme ISO 31000.
4. Hiérarchiser les risques
Tous les risques ne présentent pas le même degré d’importance. La matrice des risques, qui croise la probabilité et l’impact, est l’un des outils les plus utilisés pour faciliter leur hiérarchisation.
Voici un exemple simplifié :
| Impact / Probabilité | Faible | Moyenne | Élevée |
| Impact faible | Faible | Faible | Moyen |
| Impact moyen | Faible | Moyen | Élevé |
| Impact élevé | Moyen | Élevé | Critique |
La classification exacte doit être définie selon les critères propres à l’organisation.
Au-delà de l’attribution d’un niveau de risque, l’essentiel est de s’assurer que cette classification débouche sur une décision : quels risques nécessitent un traitement immédiat, lesquels peuvent faire l’objet d’une surveillance et lesquels restent dans les limites acceptables ?
5. Définir les stratégies de traitement
Après avoir hiérarchisé les risques, l’organisation doit déterminer comment répondre à chaque exposition.
Les stratégies reposent généralement sur les actions suivantes :
- Éviter : supprimer l’activité ou la situation à l’origine d’une exposition donnée.
- Réduire : mettre en place des contrôles pour diminuer la probabilité ou l’impact du risque.
- Transférer : partager ou transférer une partie des conséquences à un tiers, lorsque cela est possible.
- Accepter : conserver le risque au sein de l’organisation lorsque son niveau d’exposition est jugé acceptable au regard des critères définis.
- Surveiller : suivre en permanence une exposition dont le traitement dépend de son évolution.
La stratégie retenue doit tenir compte du niveau de risque, de l’appétence définie, des coûts associés et des objectifs de l’entreprise.
6. Mettre en place des contrôles et des plans d’action
Le traitement des risques doit se traduire par des mesures concrètes. Celles-ci peuvent comprendre des contrôles préventifs et de détection, la désignation de responsables, la fixation d’échéances, la collecte de preuves, des plans de continuité et des actions correctives.
Il est essentiel de définir clairement qui est responsable du traitement de chaque risque, quelles mesures doivent être prises et comment l’organisation vérifiera leur mise en œuvre et leur efficacité. Sans ce lien, la cartographie des risques risque de devenir un simple document statique.
7. Assurer une surveillance continue
La gestion des risques financiers ne s’arrête pas après la mise en œuvre d’une action. L’environnement économique évolue, de nouveaux risques apparaissent et les expositions existantes peuvent augmenter ou diminuer.
La surveillance doit donc prendre en compte les éléments suivants :
- L’évolution des indicateurs ;
- Les nouveaux événements ;
- Les changements de contexte ;
- Les variations de l’exposition ;
- L’efficacité des contrôles ;
- L’avancement des plans d’action ;
- L’apparition de nouveaux risques.
Cette vision continue est indispensable pour faire de la gestion des risques un véritable outil d’aide à la décision.
Quels indicateurs permettent de surveiller les risques financiers ?
Les indicateurs doivent être définis en fonction du modèle économique et des risques prioritaires. Plusieurs catégories peuvent contribuer à ce suivi.
Indicateurs de liquidité
Des indicateurs tels que le ratio de liquidité générale et le ratio de liquidité immédiate permettent de suivre la relation entre les ressources disponibles et les obligations à court terme.
Indicateurs d’endettement
Des mesures comme le ratio dette nette/EBITDA ou d’autres indicateurs de levier financier peuvent aider à surveiller l’exposition liée à l’endettement.
Indicateurs de crédit
Les taux d’impayés, les délais moyens de recouvrement et la concentration du portefeuille clients peuvent contribuer à détecter les variations de l’exposition au risque de crédit.
Indicateurs de flux de trésorerie
Le suivi des encaissements, des décaissements, de la génération de trésorerie et des prévisions permet d’identifier les éventuels décalages et les variations des ressources financières disponibles.
Indicateurs d’exposition
Selon l’activité de l’entreprise, il peut être pertinent de suivre des indicateurs liés à l’exposition au risque de change, aux taux d’intérêt, à la concentration des fournisseurs ou des clients, ainsi qu’à d’autres variables spécifiques.
Il est toutefois important de ne pas confondre indicateurs et gestion des risques. Un indicateur n’apporte une réelle valeur ajoutée que lorsqu’il est associé à des critères, des seuils, des responsables et des décisions.
À lire également : Tout sur l’analyse des incidences sur les activités ou Business Impact Analysis (BIA)
Comment la technologie peut-elle améliorer la gestion des risques financiers ?
Une gestion reposant sur des feuilles de calcul, des documents isolés et des contrôles manuels peut compliquer la consolidation des informations, l’actualisation des risques et le suivi des mesures de traitement.
Lorsque les différents services travaillent avec des informations décentralisées, il devient également plus difficile de répondre à des questions essentielles :
- Quels sont les risques financiers prioritaires ?
- Qui est responsable du traitement de chaque risque ?
- Quels contrôles sont associés à ces risques ?
- Quelles actions accusent du retard ?
- L’exposition a-t-elle augmenté ou diminué ?
Une plateforme GRC peut faciliter ce processus en centralisant les informations et en reliant les risques, les évaluations, les contrôles, les responsables, les plans d’action, les indicateurs, les preuves et les historiques.
Quelles fonctionnalités une plateforme de gestion des risques doit-elle proposer ?
Une solution technologique adaptée peut faciliter les activités suivantes :
- Enregistrement et classification des risques ;
- Élaboration de matrices des risques ;
- Attribution des responsabilités ;
- Association des risques aux contrôles ;
- Suivi des plans d’action ;
- Surveillance des indicateurs ;
- Notifications et alertes ;
- Enregistrement des preuves ;
- Conservation des historiques ;
- Tableaux de bord pour le suivi par la direction ;
- Intégration des informations provenant des différents services.
L’intérêt ne réside pas simplement dans le remplacement d’une feuille de calcul par un logiciel. L’essentiel est de créer une source d’information structurée permettant de surveiller et de traiter les risques en continu.
Gestion des risques financiers et gouvernance d’entreprise : quel est le lien ?
La gestion des risques financiers doit faire partie intégrante de la gouvernance d’entreprise, car les décisions liées aux risques influencent directement la stratégie et la capacité de l’organisation à atteindre ses objectifs.
La norme ISO 31000 recommande notamment d’intégrer la gestion des risques à la gouvernance, à la stratégie, à la planification, aux processus de reporting, aux politiques et à la culture organisationnelle.
Concrètement, cela signifie établir des liens entre les éléments suivants :
Risques → Contrôles → Conformité → Audit → Gouvernance → Prise de décision
Cette intégration évite également que chaque service développe une vision isolée des menaces. Elle favorise ainsi une approche globale de la gestion des risques, qui tient compte des différentes catégories d’exposition et de leurs interactions.
Pour l’organisation, cela signifie qu’un risque financier significatif peut être analysé conjointement avec ses causes opérationnelles, réglementaires, stratégiques ou liées à des tiers.
Quels sont les principaux défis de la gestion des risques financiers ?
Même lorsqu’une politique de gestion des risques est clairement définie, certains obstacles peuvent limiter l’efficacité du processus.
Manque de données fiables
Les décisions relatives aux risques dépendent de la qualité des informations utilisées pour les analyses. Des données incomplètes ou obsolètes compliquent l’évaluation de l’exposition.
Gestion décentralisée
Lorsque chaque service conserve ses propres registres, il peut être difficile d’obtenir une vision consolidée des risques à l’échelle de l’entreprise.
Difficultés à quantifier les impacts
Tous les risques n’ont pas des conséquences financières faciles à calculer. Dans certaines situations, il est nécessaire de recourir à des scénarios, à des estimations et à des évaluations qualitatives.
Cartographies des risques obsolètes
Une cartographie élaborée une seule fois, sans révision ultérieure, finit par ne plus refléter l’exposition réelle de l’organisation.
Manque de coordination entre les services
Les risques financiers peuvent trouver leur origine dans différents services. Sans coordination, certains signaux d’alerte importants risquent de ne pas parvenir aux personnes chargées de prendre les décisions.
Multiplication des contrôles manuels
Les tâches manuelles peuvent mobiliser beaucoup de temps et compliquer le suivi des échéances, des responsabilités et des preuves.
Suivi insuffisant des plans d’action
Identifier un risque ne suffit pas à résoudre le problème. Il est nécessaire de suivre la mise en œuvre des mesures et de vérifier si les actions entreprises ont effectivement réduit l’exposition.
Comment améliorer la gestion des risques financiers ?
Une approche plus mature peut être développée à partir de plusieurs principes fondamentaux.
- Intégrez les risques financiers à la gestion globale des risques de l’entreprise. Cette démarche permet à l’organisation d’identifier les liens entre les différentes expositions.
- Définissez des critères d’évaluation clairs. La probabilité, l’impact et les autres paramètres doivent être compris de manière cohérente par l’ensemble des services concernés.
- Définissez l’appétence et la tolérance au risque. Ces paramètres permettent d’orienter les décisions et de fixer des limites d’exposition.
- Hiérarchisez les risques significatifs. Les ressources doivent être consacrées aux expositions présentant les conséquences potentielles les plus importantes ou dépassant les seuils établis.
- Associez les risques aux contrôles. Cela permet d’identifier les dispositifs existants pour prévenir, détecter ou traiter chaque exposition.
- Attribuez clairement les responsabilités. Chaque risque et chaque plan de traitement doivent être confiés à des responsables clairement identifiés.
- Surveillez les indicateurs. Le suivi des variations de l’exposition permet d’agir avant qu’un risque ne se transforme en problème.
- Réévaluez régulièrement le contexte. Les risques ne sont pas statiques et doivent être réexaminés à mesure que l’activité évolue.
- Conservez les preuves et assurez la traçabilité. Les historiques, les enregistrements et les justificatifs facilitent le suivi et la reddition de comptes.
- Utilisez la technologie pour centraliser et automatiser les processus. La digitalisation permet de relier les informations et de rendre le suivi plus cohérent.
Conclusion
La gestion des risques financiers ne consiste pas à éliminer l’incertitude. Elle vise plutôt à mieux connaître les expositions, à faciliter leur évaluation et à améliorer leur maîtrise.
Les risques de crédit, de liquidité, de marché, de change et de taux d’intérêt sont des exemples de risques directement liés aux finances. Il est toutefois nécessaire d’adopter une vision plus large : une défaillance opérationnelle, un problème avec un fournisseur, une non-conformité ou une fraude peuvent également avoir des conséquences financières.
Une approche structurée doit donc relier les étapes suivantes : Identification → Évaluation → Hiérarchisation → Traitement → Contrôles → Surveillance → Prise de décision.
Lorsque ce cycle est intégré à la gouvernance d’entreprise, les risques ne sont plus de simples éléments consignés dans une matrice. Ils deviennent une composante à part entière de la prise de décision. Plus le volume d’informations, le nombre de services et les dispositifs de contrôle impliqués sont importants, plus il devient essentiel de disposer d’une infrastructure numérique offrant une traçabilité et une vision consolidée.
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Questions fréquentes sur la gestion des risques financiers :
La gestion des risques financiers est le processus qui consiste à identifier, analyser, évaluer, traiter et surveiller les situations susceptibles d’avoir des conséquences financières sur une organisation. Son objectif est de comprendre les expositions, de définir des réponses adaptées et de surveiller en permanence les risques afin de les maintenir dans les limites établies.
Les principaux types comprennent les risques de crédit, de liquidité, de marché, de change et de taux d’intérêt. Selon l’approche adoptée par l’organisation, les risques opérationnels, fiscaux et de fraude peuvent également faire l’objet d’un suivi lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir des conséquences financières.
Un risque financier correspond à la possibilité qu’un événement ou une situation ait des conséquences financières. La gestion d’un risque financier désigne l’ensemble des processus utilisés pour identifier, évaluer, traiter et surveiller cette exposition.
Le processus peut commencer par la définition du contexte et de l’appétence au risque, suivie de l’identification, de l’analyse, de l’évaluation et de la hiérarchisation des risques. Il convient ensuite de définir des stratégies de traitement, des contrôles et des plans d’action, accompagnés d’une surveillance continue.
Elle permet à l’organisation de mieux comprendre ses expositions et de prendre des décisions fondées sur des informations structurées. Elle peut également contribuer à protéger les flux de trésorerie, la liquidité, les résultats et la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements.
Les risques peuvent être identifiés grâce à l’analyse des processus, des contrats, des clients, des fournisseurs, des investissements, des dettes, des opérations internationales, des obligations fiscales, des systèmes et des facteurs externes susceptibles d’affecter les objectifs financiers.
La réduction des risques dépend de la nature de chaque exposition. Les réponses possibles consistent notamment à éviter, réduire, transférer ou accepter les risques dans les limites définies. L’organisation peut également mettre en place des contrôles, des indicateurs, désigner des responsables et élaborer des plans d’action pour surveiller ses expositions.
La technologie permet de centraliser les informations, d’automatiser les activités, d’associer les risques aux contrôles et aux plans d’action, de surveiller les indicateurs, d’enregistrer les preuves et d’améliorer la visibilité sur les expositions. Elle facilite ainsi le suivi et contribue à la prise de décision.
Les responsabilités varient selon la structure de gouvernance de l’organisation. Bien que le service financier joue un rôle central, les risques financiers peuvent trouver leur origine dans d’autres services. Il est donc essentiel de définir clairement les responsabilités dans le cadre d’un dispositif global de gestion des risques de l’entreprise.












